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Blanche Bonnel

À travers une pratique de l’installation, de la sculpture et du film documentaire, je questionne notre rapport aux vivants et nos manières d’habiter le monde. Poreuse aux environnements qui m’entourent ou que je découvre, mon travail se construit autour de la collecte des matières et des récits qu’elles abritent. Je glane et récupère des matériaux bruts, inertes et vivants et les assemble par des procédés empiriques, souvent empruntés à l’artisanat.

Nouer, tisser, entremêler : ces gestes récurrents dans ma pratique font écho à la nécessité de lier, de relier, de faire cohabiter. De cette rencontre entre des éléments artificiels, rebuts de construction, et des matières naturelles, naissent des formes à l’équilibre précaire, reflets de la fragilité des écosystèmes dans lesquels nous évoluons et de l’impact des activités humaines sur ces derniers. Parpaings qui s’effritent sous la germination du blé, fers à béton soudés par de l’osier, tissages d’ardoises ou de vase : autant d’éléments qui composent un paysage à la lisière du chantier et de la ruine.

Une esthétique de l’érosion que je nourris par un travail d’écriture documentaire et d’images en mouvement afin d’oeuvrer avec le réel et d’en révéler ses failles. Ces deux pratiques aux temporalités distinctes dialoguent et s’enrichissent mutuellement traçant un récit commun qui nous invite à panser notre rapport au monde.

Instagram : Blanchebonnel